Identifier la mentalité de victime

Définition

La mentalité de victime est une façon de penser et de se comporter qui prend racine dans le fait de se voir comme une victime, c’est-à-dire quelqu’un qui est sous le pouvoir oppressif d’une personne ou d’une circonstance, et qui la rend complètement impuissante.

Origines

La mentalité de victime se développe généralement chez les personnes qui ont eu une expérience douloureuse et/ou ont été victime d’une circonstance ou de quelqu’un :

  • Traumatisme
  • Blessures
  • On a profité de toi ou on s’est servi de toi, ou tu as été trahi
  • Abus
  • Négligence
  • Parent(s) absent(s)

La mentalité de victime peut aussi venir d’une impuissance « acquise » due à une série de revers, pertes, saisons de résistance intense, limitations.

Nous pouvons tomber dans le piège de cette mentalité, que nous ayons été réellement victimisé ou non.

A chaque fois qu’il y a blessure (émotionnelle), il y a une opportunité pour l’ennemi de venir semer cette mentalité, ou forteresse de pensées pour reprendre un terme biblique (2 Corinthiens 10 : 4-5).

Caractéristiques et conséquences de la mentalité de victime

La mentalité de victime :

  • Nous garde bloqué.e et convaincu.e que les choses ne changeront jamais.
  • Nous garde focalisé.e sur le négatif, les revers et ce qui semble ne pas marcher.
  • Nous garde dans un cercle vicieux où nous énumérons toutes les raisons pour lesquelles les choses ne peuvent pas changer.
  • Nous apprend à reporter toute la responsabilité sur quelqu’un qui va venir nous sauver.
  • Nous pousse à chercher en-dehors de nous-mêmes pour trouver secours et réponses.
  • Nous programme à blâmer les autres et à faire porter la responsabilité de notre situation sur les autres, nos circonstances, le manque d’accès à certaines opportunités, etc…
  • Nous amène à utiliser les excuses dans la majeure partie de notre histoire.
  • Nous pousse à réagir en disant « ce n’est pas ma faute ».

La mentalité de victime nous amène à la victimisation, c’est-à-dire à la croyance que nous sommes la cible désignée de constantes attaques et traitements injustes.

La mentalité de victime consiste à s’identifier à notre vécu douloureux, nous nous définissons à travers ce vécu, cela devient notre identité : « j’ai vécu cela, donc je suis … ».

Quelques signes que quelqu’un a développé une mentalité de victime :

  • La personne continue de répéter la même liste de raisons pour lesquelles elle ne peut pas se libérer ou expérimenter de bonnes choses.
  • Elle pense constamment que les gens ont un avantage sur elle.
  • Son dialogue intérieur négatif pointe vers ce qui lui est arrivé dans le passé : elle ne vas pas de l’avant dans sa vie, parce qu’elle se raconte que ce n’est pas possible pour elle à cause de ce qui lui est arrivé dans le passé -> il n’y a pas de remise en question personnelle, et donc pas de possibilité de changement
  • Elle croit que le monde est contre elle (« l’ennemi est après moi », « je suis beaucoup attaqué.e », etc…)
  • Elle rejoue constamment les histoires douloureuses de son passé, avec peu ou pas de fruit de guérison ou croissance.
  • Elle parle souvent d’être ou de se sentir bloqué.e/coincé.e/limité.e.
  • Elle n’accueille pas réellement les encouragements, les retours ou les instructions constructives.
  • Elle se sent impuissant.e face à ses circonstances, incapable de faire quoi que ce soit pour aller de l’avant.
  • Son « narratif »/discours intérieur la garde impuissant.e.
  •  Elle se dit constamment qu’elle n’a pas tiré les bonnes cartes dans la vie, qu’elle n’as pas accès aux opportunités (mentalité de rejet).
  • Elle tolère les relations néfastes et abusives.
  • Elle ne sait pas ce qu’elle veut réellement.

La mentalité de victime peut être très égoïste, très manipulatrice aussi. Elle est destructrice, mais confortable.

Pour illustrer nos propos, voici quelques archétypes de la mentalité de victime :

  • Monsieur ou Madame « sauvez-moi » : toujours en train de chercher quelqu’un ou quelque chose pour les sauver de leur situation actuelle.
  • Monsieur ou Madame « rabat-joie » » : portent un nuage sombre de négativité, sont très pessimistes et mettent toujours l’accent sur ce qui ne va pas et ce qui ne va pas s’améliorer.
  • « Le Roi ou la Reine de toutes les victimes » : leur histoire est la pire histoire de souffrance et de peine, ce qu’ils ont traversé est pire que ce que qui que ce soit d’autre a traversé.
  • Monsieur ou Madame « bloqués » : restent au statu quo, ne prennent pas leurs responsabilités et évitent de prendre les décisions, certes difficiles mais nécessaires à leur croissance et avancée.
  • Monsieur ou Madame « cherchent l’attention » : utilisent leur histoire douloureuse comme moyen de connecter avec les autres et attirer l’attention.
  • Monsieur ou Madame « en demande » : peuvent être collants/envahissants et demandent beaucoup des autres, vont avoir tendance à jeter leur dévolu sur quelqu’un en le mettant sur un piédestal, lui dire que personne ne les écoute et aide comme lui, etc…, puis si la personne commence à mettre des limites, se mettent très fortement en colère.

Lorsque nous lisons ou écoutons ce genre d’enseignement, nous avons tendance à penser à une autre personne chez qui nous repérons cette mentalité. Mais je nous encourage à nous examiner nous-mêmes, car je pense que nous pouvons toutes et tous, au moins à un moment donné de notre vie, ou dans un domaine en particulier, manifester cette mentalité. C’est difficile de se regarder en face de la sorte, mais c’est le prix pour entrer dans une liberté plus grande.

Le contraire de la mentalité de victime : la mentalité de vainqueur

Différences entre une mentalité de victime et une mentalité de vainqueur :

  1. Quand les victimes prient, elles prient d’une position d’attente impuissante. Elles finissent par abandonner la prière. Quand les vainqueurs prient, déjà ils savent que Dieu les entend. Ils sont connectés à Son amour pour eux. Ils agissent d’une position de puissance, de capacité. Ils font preuve d’une endurance patiente.
  2. Les victimes se concentrent sur le changement de leurs circonstances. Les vainqueurs se concentrent sur le fait de grandir en toute circonstance.
  3. Les victimes blâment leurs circonstances. Les vainqueurs cherchent à prendre leurs responsabilités, assumer la responsabilité de leur vie.
  4. Les victimes n’agissent pas, malgré les instructions. Les vainqueurs mettent toujours en pratique ce qu’ils apprennent.
  5. Les victimes réagissent face à la vie avec désespoir/sont sans espoir face aux circonstances de leur vie. Les vainqueurs n’attendent pas que la vie leur offre des occasions de réagir. Ils agissent !
  6. Les victimes sont comme des thermomètres cassés. Les vainqueurs n’utilisent même pas de thermomètre. Ils vivent comme des thermostats. Ils définissent la température de leur attitude. Ils ne sont pas les victimes de leurs attitudes, ils choisissent leur attitude.
  7. Les victimes disent qu’elles seront heureuses quand leurs circonstances auront changé. Les vainqueurs savent manifester de la joie en toute circonstance.
  8. Les victimes voient l’adversité comme une sentence (de mort). Les vainqueurs voient l’adversité comme une occasion de se lever, grandir et briller.
  9. Les victimes tombent dans le découragement et n’arrivent pas à voir quel est le prochain pas. Les vainqueurs se concentrent simplement sur le prochain pas à accomplir.
  10. Les vainqueurs développent une vision pour guérir et surmonter les blessures du cœur. Ils n’ignorent pas les blessures, mais ils ont appris à s’appuyer sur l’amour de Dieu qui leur donne les capacités nécessaires. Les victimes s’habituent à être rejetées et blessées. Elles ne savent pas ce qu’est une manière saine de vivre. Le rejet leur semble normal. Elles se sentent justifiées par le rejet.
  11. Les vainqueurs n’abandonnent jamais. Les victimes abandonnent rapidement.

Comment se libérer de la mentalité de victime ?

Exemple dans la Bible : Jean 5 : 15 (le paralysé au bord de la piscine de Bethesda)

Dans ce passage, Jésus demande au paralysé : « Veux-tu être guéri ? »

Pour commencer, nous avons deux pas à faire :

  1. Pose-toi la question : est-ce que je veux être guéri ? est-ce que je veux vraiment être libre ?
  2. Décide d’assumer la responsabilité de ta vie et de ta croissance.

Pas pour avancer :

  1. Identifier où la mentalité de victime s’exprime : tenir un journal ou écrire un récit de sa vie peut aider à repérer le « narratif », les phrases qu’on répète, l’histoire qu’on se raconte (« j’en peux plus, je n’y arriverai pas, ça m’arrive tout le temps à moi », etc…) et confronter l’histoire, la challenger, la remettre en question.
  2. Etablir quel est le nouvel état d’esprit que tu souhaites adopter : remplace les phrases négatives de ton narratif par des paroles de vainqueur, des promesses et vérités bibliques, etc…
  3. Interrompre ses schémas de victime : quand ça veut s’exprimer, refuser et se reprendre, changer sa manière d’interagir avec les autres.
  4. Est-ce que tu as des relations qui entretiennent cette mentalité ? Est-ce que tu devrais t’en écarter pour un temps, ou mettre des limites ?
  5. Abandonner les reproches, les blâmes. Cela nous distrait du processus de guérison. Envers les autres, Dieu, nous-mêmes. Plutôt que de se demander : « qu’est-ce que je fais de mal ? » et « qu’est-ce que je ne fais pas que je suis censé faire ? », se demander plutôt : « quel est le prochain pas dans mon apprentissage que je peux faire maintenant ? »
  6. Se repentir et renoncer à la mentalité de victime.
  7. Pardonner à ceux qui nous ont victimisés et maltraités.
  8. Faire le deuil de ce qui aurait pu être ou arriver si nous n’avions pas traversé ces épreuves, ces circonstances.
  9. (Re)Découvrir l’amour de Dieu qui nous rend capable.
  10. Reconnaître le pouvoir, la puissance et les capacités que nous avons en nous en tant que croyants.
  11. Se réapproprier (avec courage) notre pouvoir de décider.
  12. Faire face à ses peurs, en particulier la peur de l’inconnu et la peur de l’inconfort.
  13. Développer de nouvelles habitudes d’hygiène de vie : alimentation, exercice, etc…
  14. Se rapprocher de leaders, enseignants, coachs et mentors qui t’aident dans ton cheminement.
  15. Apprendre et pratiquer ce que cela signifie de vivre comme un vainqueur.

Sources :

Freedom from a victim mindset, Mark DeJesus, https://www.youtube.com/watch?v=tU4yfk9wUWQ

12 Signs You Live With a Victim Mentality, Mark DeJesus, https://www.youtube.com/watch?v=1TIkyD4043I

Laisser un commentaire

Retour en haut