
Cette idée apparue dans les années 1950 est aujourd’hui largement diffusée par une grande partie du corps médical et des professionnels de la santé mentale. L’intérêt est simple : s’il s’agit d’un déséquilibre chimique, il « suffit » de trouver des médicaments qui viennent le contrebalancer.
Personnellement, je n’adhère pas à cette idée, et je ne suis pas la seule. Je m’appuie par exemple sur le travail du docteur américain Dr Josef, psychiatre et fondateur de la Taperclinic, où il aide ses patients à arrêter les traitements médicaux comme les antidépresseurs, etc.
Dans cette vidéo : Don’t Tell Your Doctor You Are Depressed (en anglais), il explique pourquoi les antidépresseurs sont la solution la plus répandue dans le système médical américain pour traiter la dépression. Mais selon lui, ce n’est une solution ni souhaitable ni viable à long terme, pour plusieurs raisons. Il me semble les systèmes médicaux français et européens ont emprunté des pratiques similaires.
Symptômes de la dépression
Commençons d’abord par : qu’est-ce que la dépression ?
Médicalement parlant, la dépression est définie par les symptômes suivants :
🌧️ Symptômes émotionnels et psychiques
- Tristesse profonde, sentiment de vide ou de désespoir
- Perte d’intérêt ou de plaisir pour des choses qui faisaient du bien avant
- Fatigue mentale, impression d’être « éteint·e »
- Sentiment de culpabilité excessif, dévalorisation, honte
- Impression de ne servir à rien, de ne pas être à la hauteur
- Difficultés de concentration, mémoire en baisse, indécision
- Vision très négative de soi, du monde et de l’avenir
- Idées noires, pensées de mort (sans forcément vouloir passer à l’acte)
💤 Symptômes physiques
- Fatigue intense, même sans effort
- Troubles du sommeil : insomnies, réveils nocturnes, ou au contraire dormir beaucoup
- Changements d’appétit : perte ou augmentation (et variations de poids)
- Douleurs diffuses (maux de tête, ventre, dos) sans cause médicale claire
- Ralentissement général ou au contraire agitation intérieure
- Baisse de la libido
🧍♀️ Symptômes comportementaux
- Isolement, retrait social
- Perte de motivation, difficulté à se lever, à faire les tâches quotidiennes
- Négligence de soi (hygiène, alimentation, santé)
- Pleurs fréquents ou au contraire incapacité à pleurer
- Irritabilité, nervosité inhabituelle
(Source : ChatGPT)
Une personne ne doit bien entendu pas présenter tous ces symptômes pour être considérée en état dépressif, mais un faisceau de ces symptômes. Selon la définition médicale, cet état doit durer au moins deux semaines pour être considéré comme une dépression.
Les causes de la dépression
Maintenant, quelles sont les causes de la dépression ?
Selon le Dr Josef, voici les principales causes de dépression :
- Des difficultés liées au travail : problèmes au travail, manque de perspectives d’évolution de carrière, manque de satisfaction.
- Vie sociale et relations : difficultés relationnelles avec des proches, amis ou dans le couple.
- Traumatisme(s) antérieur(s) : nos expériences négatives passées peuvent transformer notre personnalité et notre vision du monde, des autres et de la vie en général, et laisser une empreinte significative sur nous, qui peut ressurgir dans le présent, en particulier dans les moments où nous traversons de nouvelles difficultés.
- Traumatismes (ou évènements difficiles) présents : décès d’un proche, perte d’emploi, etc…
- Alimentation : c’est une des causes cachées les plus communes de dépression ; une alimentation non adaptée (régime riche en glucides de faible qualité nutritionnelle, huiles alimentaires raffinées, sensibilité à certains aliments, comme le gluten, ou autres) affecte notre humeur à moyen et long terme.
- Traitements médicaux : certains médicaments ont pour effets secondaires de provoquer anxiété et dépression.
- La caféine et la nicotine : une surconsommation de substances excitantes peut finir par épuiser l’organisme, produisant anxiété et état de fatigue général, parfois assimilé à de la dépression.
Ceci n’est bien entendu pas une liste exhaustive, mais plutôt les premières grandes pistes à explorer, par ordre d’occurrence. Les facteurs de vie viennent en premier (travail, relations, traumatismes passés et présents), et il s’agit de facteurs psychologiques. Ensuite viennent les facteurs physiologiques liés à l’alimentation ou la prise de substances chimiques. Si tous ces facteurs sont écartés, là on peut se poser la question de facteurs environnementaux, et éventuellement génétiques. Mais cette dernière composante ne vient pas en premier.
Pourquoi est-ce néfaste de recourir à la solution médicamenteuse ?
Les médicaments ne font que masquer les symptômes, et ne règlent pas le problème à la racine. C’est un peu comme prendre un antidouleur alors qu’on s’est cassé un membre. Dans ce cas, ce n’est pas une mauvaise idée de prendre un antidouleur, mais ça ne suffit pas : il faut soigner le membre cassé ! Dans le cas des antidépresseurs, c’est un peu différent parce que généralement, ces substances ont des effets secondaires néfastes pour la santé, peuvent provoquer des crises de paniques, ou il peut être difficile d’arrêter le traitement, puisque les problèmes réapparaissent à l’arrêt de la prise de médicaments, ou si les substances ont un caractère addictif, par exemple.
Si les symptômes sont masqués, et que le problème n’est pas traité à la racine, il est fort probable que les choses ne vont qu’empirer. Par exemple, si la dépression est due à un problème au travail, la prise d’un traitement médicamenteux ne va pas faire disparaître le problème ! Ou si l’origine du problème vient de l’alimentation, conserver la même alimentation néfaste pour notre santé risque de générer d’autres problèmes dans notre corps.
Les antidépresseurs ne sont pas une solution à long terme : outre les effets secondaires, il y a souvent une forme d’accoutumance qui se met en place, le corps nécessitant des doses de plus en plus élevées pour obtenir les mêmes effets, ce qui peut conduire le médecin à prescrire des médicaments supplémentaires, et la personne se retrouve à prendre quatre ou cinq médicaments différents. Ou bien les effets secondaires peuvent être confondus avec un autre trouble psychologique, qui va conduire à la prescription d’autres médicaments encore, plus puissants, ce qui devient un cercle vicieux.
Que faire alors ?
Je pense que la première chose à faire est de changer de regard sur la dépression. Il est normal, et même sain, de ressentir des émotions négatives quand on traverse une période difficile. C’est plutôt le contraire qui serait alarmant. Nous ne sommes pas des robots qui devraient être opérationnels et aller bien 7 jours sur 7, 24h sur 24 et 365 jours par an ! C’est irréaliste d’attendre de nous-mêmes d’être au top de notre forme en permanence.
Une réaction assez instinctive (ou que nous intégrons dès l’enfance ?) est de fuir les émotions désagréables. Lorsque de la tristesse, de la peur ou de la colère survient, notre première réaction est généralement de trouver un moyen de les éviter ou de les réprimer. Mais les émotions sont par définition faites pour être ressenties. En fait, la gestion des émotions est, comme la plupart des choses auxquelles nous faisons face, une compétence à acquérir. Autrement dit, c’est comme tout, ça s’apprend ! Et comme toute compétence, nous pouvons avoir plus ou moins de facilité naturelle à la maîtriser, mais ça ne signifie pas que nous ne pouvons pas faire de progrès. Nous venons au monde, chacun.e avec des sensibilités différentes – autrement dit, nous ne sommes pas tous égaux en la matière -, certain.es d’entre nous auront plus ou moins de difficultés dans ce domaine, ça fait partie des challenges de la vie ! D’ailleurs, les personnes « naturellement » moins sensibles auront aussi un travail à fournir pour justement apprendre à être plus attentifs à leurs émotions et prendre conscience de ce qui se passe à l’intérieur d’eux.
Qu’est-ce que j’essaie de dire ? Que nous devons accepter nos sentiments dépressifs et vivre avec ? Oui. Bien entendu, chaque personne et chaque situation sont différentes. Il peut exister des cas où il peut y avoir nécessité de recourir à un traitement médicamenteux (si cela peut éviter que la personne ne se fasse du mal irrémédiablement, par exemple) mais temporairement selon moi. Apprendre à faire face à nos émotions, les traverser, permet généralement d’aller mieux ensuite, et de grandir. Un peu comme un muscle que l’on étire. Plutôt que d’avoir peur de nos émotions, on apprend à vivre avec elles, et cela permet généralement de les apaiser. Bien sûr, ne restons pas seul.es avec nos difficultés, faisons-nous aider : par nos proches (à la hauteur de leurs capacité) et/ou par des professionnels. Le but n’est pas de passer sa vie à chercher la « guérison » à tout prix, au risque de courir après quelque chose qui n’existe pas. Le but est de mettre des mots et de la compréhension sur ce que nous ressentons, les liens avec notre passé et notre enfance, afin de mieux vivre le présent. Selon moi, faire ce travail, c’est un des plus beaux cadeaux que l’on peut s’offrir, à soi-même d’abord, mais aussi aux générations futures.
Ces considérations valent également pour d’autres « conditions », comme l’anxiété par exemple : plutôt que d’étouffer ce que nous ressentons à coups d’anxiolytiques, essayons de faire face à ce qui nous angoisse, avec l’aide de professionnels, mais aussi celle de Dieu. Si la Bible nous dit à de multiples reprises de ne pas avoir peur, ce n’est pas pour nous blâmer d’avoir de tels sentiments – comme je l’ai cru pendant longtemps. C’est une invitation : l’invitation de notre Père céleste à saisir sa main pour, avec Lui, faire face à ce qui nous fait peur, et en sortir grandi.e et plus libre. C’est cela, être « plus que vainqueur ».
